Archive for juin, 2009:
Summer
Prendre la route en laissant derière soit tout. Monter le son de l’autoradio et passer « Ten milion slaves » une fin d’après midi d’été. Avoir des lunette de soleil et suivre juste le vent. Parce que demain n’existe pas. Parce que après tout, qu’est ce qu’on en a, à foutre de demain ? L’idée séduisante, comme le ciel orangé. Qu’est ce que notre imagination peut nous faire quand elle se laisse trainer sur les fins rayons de soleil. C’est aujourd’hui, c’est demain et cela sera tout les jours qui suivent que l’envie de sensations fortes me sautera à la gorge. Parce que nous ne sommes pas que des être humain. Parce que nous avons envie de regarder ce qui passe au travers de la tête des hérissons qui traverse la route.
Simplement parce que la chance n’existe pas. Qu’elle n’est qu’un probabilité dépendante d’un effet de cause à effet. Parce que nous avons envie de fuire nos vies. Parce que nous ne sommes pas si fort que ça. Parce que je sais que dans le temps, nous n’avons pas la force de lever la tête pour pleurer encore et encore.
Juste un besoin de rock. Un besoin de vitesse, de sensation. Pour se dire que nous sommes vivant encore un peu. Parce qu’il n’y a rien qui puisse offrir plus de sensation que l’air qui se frotte sur nos joues. J’ai envie, j’ai besoin, de prendre l’air. Là où personne n’oserait s’aventurer. Sauter d’un avion sans parachute et rire comme un con à l’arrivée.
J’ai dit un jour, une seul fois « on a qu’une vie ». Une seule fois, et je l’ai regretté. Je previens toujours avant. Le GPL explose et j’entend le soleil briller encore un peu.
No post
Beautiful life
La vie est une chose réellement étrange quand on y pense. On ne souhaite pas perdre de temps, mais on en perd fatalement. Au final, il ne reste rien et nous ne le remarquons même pas car nous sommes contenté d’avoir meublé convenablement le temps ou le salon. Levez-vous un matin, demandez-vous ce que vous avez à faire aujourd’hui et pour chaque chose faite une croix dessus psychologiquement. Chaque jour qui passeront, plus rien ne sera un but à vos yeux. Pas même aller jusqu’au grille pain de la cuisine. Pas même vous gratter l’épaule au réveille. Se demander “qui je suis ?” après quelques semaines comme cela. Couplez le tout à une dose d’effet secondaire subit (voir plus bas les photographies).
Voilà la recette simple de la non-vie. Maintenant, vous savez ce que cela fait de vivre ma vie. Non… C’est faux. Ce n’est qu’une image. Même comme cela, vous ne pouvez pas vous faire une idée exact. Il faudrait vivre réellement et je ne le souhaite à personne.
La schizophrénie, c’est une réalité déformé. Vous voyez le monde d’une manière, nous le voyons en plusieurs dimensions. Vous avez l’impression d’être plusieurs dans votre tête car vos pensées s’emmêlent parfois, nous avons réellement plusieurs profiles. La schizophrénie c’est comme faire de la photographie avec un appareil argentique et ne pas avoir de fixateur lors du développement.
Ce n’est pas une grippe, ou une gastro passagère. Il faut vivre cela en permanence. Le jour, la nuit, dans l’éveil comme dans le sommeil. C’est une goute d’acide en plein dans la pupille. Et ce n’est réellement pas une vie au sens qu’on l’entend.
Hier comme d’autres soir je disais “ce soir je regarderais bien un film”. Mais une fois le soir venu, face à moi même, je me suis dit :
“pourquoi je regarderais un film ? Je n’ai déjà pas assez perdu de temps à ne pas savoir qu’en faire ? J’ai perdu du temps à perdre du temps. Alors pourquoi en perdrais-je encore pour un film, alors que je peu en perdre simplement en perdant encore un peu plus de temps ?”
Non vraiment, voilà le genre de pensée qui arrivent chaque jour pour tout. C’est très rapide, et ca vous bouffe la vie en permanence. Bien entendu, si ce n’était que ça… Cela serait bien trop simple. C’est aussi de nombreux conflits intérieur. C’est des questions abscons en permanence qui relève du domaine “maniaque”. C’est des TOC importants qui apparaissent de plus en plus dans votre vie. C’est avoir peur de dormir. Avoir peur de la peur. Peur des gens “normaux” et peur de ses semblables. C’est se sentir prisonnier, coincé dans un coin comme le dernière homme sur terre face à des meutes qui ne cherchent qu’a manger votre chaire. C’est devoir se lever le matin en se disant “un jour de plus, un jour de moins”. C’est cultiver des obsessions sur diverse sujet, faire des crises d’angoisse et en angoisser à l’idée d’angoisser. C’est mettre le ciel au sole et la terre dans le ciel. Une chute à toute vitesse dans un trou sans fond. C’est des traitements lourd qui donnent des effets réellement hallucinant dont vous ne pouvez pas vous plaindre sous peine de passer pour encore plus fou que ce que la société à dit de vous. C’est assister à sa propre décadence, à l’incompréhension des autres, a votre propre reflet. Devoir voir vos amis vous quitter. Entendre vos enfants dire “papa il est malade” avant de rentrer dans leurs famille d’accueil. C’est regarder la télé et ses films qui déforme la maladie comme une source meurtrière “il faut l’arrêter, c’est un dangereux schizophrène” alors que votre prochain vous fait bien plus peur qu’il ne pourrait avoir peur de vous. C’est vouloir se protéger des attaques et que votre propre protections tente de vous égorger. C’est… encore beaucoup d’autres choses..
C’est toutes c’est choses là et c’est multiplié par vos hôtes.
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Sleeping
J’ai l’effroyable sensation de ne plus savoir comment m’exprimer. Je n’ai aucune idée si il s’agit d’une impression, ou si simplement c’est à force de voir des portes se fermer de partout autour de moi. Il semblerait que je sois prisonnier. Que je n’ai pas d’autre possibilité que de suivre deux routes pré-définit. Et je suis agacé d’entendre le faux réconfort de ma famille qui n’a aucune idée de ce que je dois vivre.
Je suis fatigué, tellement fatigué. Dessiner ma vie en monochrome. Ce rythme n’aura pas qu’un temps, pas qu’une dimension. Assis sur le rebord, je regarde en bas. Je trace une ligne d’époque, je tente de refaire mes parcours de vie. Mes yeux se ferment doucement, je suis réellement fatigué ou est-ce la dépression qui gagne du terrain ?
Je suis complètement perdu et j’attend que les minutes passent encore un peu. J’aimerais un alt+ctrl+Z sur mon photoshop. J’aimerais… servir à quelque chose.
Danse, marche arrière.
Le monde tourne et vie une fois encore le Bigbang. En marche arrière, je regarde le film. Et je revois les choses se défaire comme elles se sont faites. Le monde s’expulse et se contorsionne en marche arrière.Le temps est un détail insignifiant.
Le garçon chat ressemble au petit prince qui rencontre le renard.
Poser quelques bougies et attendre en regardant. Me détendre… Je suis effacé et je réalise que le film se fait en marche arrière très rapidement. Comme pour marquer les étapes, je me retrouve assis par temps d’orage dans l’entrée de chez mes parents et j’observe le temps pluvieux au travers de la grande fenêtre. Je tourne dans le centre commercial,comme avec une cousine bien étrange. Je vois le film, en marche arrière jusqu’a regarder de loin dans notre grande cours. Mon dieu, nous rembobinons… comme la chanson de Last Day le dit si bien. C’est un long chemin, en marche arrière.
Je voulais comme promis faire un post “easter egg” qui ne sera pas compris des visiteurs. L’intérêt est nul, mais cela vient du cœur. Je n’ai jamais souhaité que ma vie en arrive là. Je ne l’ai jamais souhaité pour qui que ce soit autour de moi. Seulement… enfin… vous savez.
La vie est une longue danse qui marche en avant et en rarement en arrière. Seulement je vies actuellement une vie en marche arrière. Ecrire, il ne me reste que cela. Sans être forcement toujours sûr d’être lu. Ecrire, c’est la seule chose que le silence m’accorde. Je me demande maintenant si du coup, je ne vais pas demander à être hospitalisé sous peu.
Je ferais un post plus long, plus tard. Dans ma tête, c’est plein de ficelles toutes entre-mêlées. J’ai besoin d’être rassuré je crois.
Orage
Je commence à ressentir les absences du Xanax. Une fatigue lourde à porter. Comme si le sommeil ne pouvait plus m’aider à passer le temps. Je crois que c’est une chose que j’ai toujours redouté. Me sentir plus faible que faible. Il y’a toujours cette musique qui m’obsède sans raison. Je m’arme de patience avec mon thé glacé. J’ai toujours une pensé vers le ciel, dans l’attente d’un flash de lumière pour m’annoncer “il est l’heure de sortir”.
“Faible”, c’est le mot juste. J’ai envie d’écrire encore et encore. Mais je manque de savoir quoi dire. J’ai peur de tourner en rond, de devoir me relire. Chose que je ne fais jamais. Cela n’est pas compatible avec l’écriture en 3 dimensions. Le monde va aller plus vite dans 10 minutes. Je suis un peu en “flippe”. J’ai les paupières lourdes. L’éclair est tombé juste à coté. A moins de 10m.
Sign in
Ce n’est pas toujours évident de se souvenir toujours de toutes les règles. Mais parfois, le monde est là pour vous rappeler à l’ordre que “oui, il y’a des règles”. Aussi, je viens de rentrer chez moi (1h30 du matin) et le monde m’a rappelé une règle.
Eviter de se faire contrôler par la police quand on a son traitement dans le sac à dos. Cela semble bête, mais sans avoir l’ordonnance sur soit, cela peut vite tourner au n’importe quoi sur le bord de la route. Oui, cette règle ne m’est clairement pas venu en tête…
Bonsoir ! Je suis en mille morceau. Auriez-vous un marteau pour taper encore un peu ? Merci beaucoup !
J’imagine que je ne mesure pas ma chance d’être rentré. Mais bon… j’ai un gout amère. Je suppose qu’il faut juste fermer les yeux et que cela va passer. Fermer les yeux, plaquer ses mains sur ses oreilles. C’est rien… rassure toi, le monde n’existe pas. Rassure toi, il y’a un “ailleurs” et cette vie n’existe pas. Et qu’on ne me parle pas de miroir opaque.
Du coup, mes envies d’évasion se sont évadés. Il reste juste un pauvre squelette, là dans un coin d’une région bien naze. Vue par google-map, je me sentirais ridicule. Mais c’est pas grave, un jour on dira de moi que ça au moins je le faisais bien. Dans l’attente. Je me demande ce qui va se passer maintenant.
J’ai oublié de parler. J’ai oublié de dire que demain n’existe pas. Oui, cela peut paraitre étrange. Je n’ai pas d’explication logique. Je n’ai jamais cru à “demain” et cela m’a toujours permis de faire des choses insensés. Je crois que je devrais prendre mes médicaments même si cela me fait un peu peur je dois vous l’avouer… A vrais dire, je ne suis pas encore retombé de ceux d’hier. Ca risque de faire “beaucoup” du coup.
Je me rend compte que finalement, est ce que j’ai vraiment envie d’être dans un état médicamenteux ? Vous savez, c’est choses là, ca vous lave le cerveau totalement. Si je prend mes médicaments maintenant. Est ce que je serais moi ou est ce que le vrais “moi” est celui qui ne se réveil pas sur une plage ? Est ce que je ne serais pas entrain de me confondre avec moi même ? Je serais mon propre traitre alors.
Oui, je pense que je suis mon propre traitre en fait… Je suis mon propre ramassis de cendre. M’effondrer sur moi même comme un trou noir. Ho… je réalise, nous sommes maintenant samedi. Ceci explique cela certainement. Mais c’est pas grave. Je ferme les yeux, j’ajoute les mains sur les oreilles.
Prendre mes cachets et devenir celui de l’autre coté du reflet. Mais cela n’aura qu’un temps. Je le sais, je suis déjà entrain de réaliser que … ca ne va pas du tout.
C’est à quel instant qu’il y’a “relâche”. C’est a quel instant que j’ai le droit de m’arracher les cheveux et de pleurer encore contre le carrelage ? J’ai besoin de parler, j’ai besoin de m’ouvrir. J’ai besoin de passer outre ce blocage psychologique. Mais pas partout, pas n’importe comment. C’est pas si simple… J’ai besoin qu’on me consacre réellement du temps.
Je ne veux pas être Lester Burnham.
House of the rising sun.
Cette nuit, je test donc pour la première fois le Norset. Je suis un peu bluffé. Mais il faut relativisé. Ce n’est que la première prise… La différence est simple. Avant, l’idée est “je suis lamentable”. L’idée pendant est “Nous sommes tous lamentable”. L’idée après présente est “Ah oui, je suis lamentable n’est ce pas ?”. C’est assez étrange, je n’ai pas l’impression d’un effet sédatif. Je dirais même, l’inverse. Au point d’ouvrir grand les bras pour toucher les parois de mon couloir.
“Si tu me souffle dessus. Est-ce qu’il y’a une chance que j’attrape ton enthousiasme ?”
- Daria – Episode : La semaine de la bonté S01 E03
Je n’ai pas encore pris mon anti-psychotique (Rispéridone) qui pour le coup est passé à 2 grammes par prise. Je crois que celui là va réellement avoir ma peau. Il va me faire tomber en 10-15 minutes et je serais certainement une proie facile pour les “autres”. Mais peu importe. Je ne compte plus les heures. De toute manière, elles savent le faire toutes seules.
Je ne me fais pas d’ami dans cette vrais réalité. Ma psychiatre pense que cela va venir avec un retour à la vie professionnel. Mais je n’y suis pas prêt.
J’ai parlé peut être trop vite, je commence à sentir les effet du Norset. Je crois que c’est la musique qui produit cette effet. Ou peut être le fait d’être allongé. C’est une sensation nouvelle. J’ai l’impression que mes membres ne sont plus les miens. Que ma mâchoire s’engourdit de plus en plus. J’ai l’impression que mes yeux se retourne contre moi, pour laisser place à une réalité physique que je n’aime pas vraiment. C’est embêtant, car cela devient presque difficile de rassembler mes esprits. J’écoute la radio de “Muse” sur Jiwa. Je ne sais pas si cela aide. Cette voix semble venir de partout et de nul part avec ce casque.
Demain il annonce un orage pour la fin d’après midi, le début de soirée. J’aimerais être au première loge. Dans un coin perdu, isolé, sur des hauteurs. Un parapluie à la main, l’ouverture au maximum. Je ne veux pas le louper.
J’ai mes poumons engourdis. Je me sent pas très bien. Je post tout de suite. Je crois que je devrais peut être me laisser aller. C’est le but d’une thérapie n’est ce pas ? Faire le vide un peu au moins. Du coup, je ne sais pas si les antipsychotique sont une bonne idée maintenant. Je vais lire un peu en partant je crois.
Diagnostique
On double la dose d’antipsychotique (de 1g, on passe à 2g). On réduit le xanax à 0.25 mg pour le remplacer doucement par du Norset (1 cachet le temps de finir le sevrage de Xanax, puis 2 cachets.). Elle dit que le Norset va me faire un effet vraiment très fort. Qu’il faut l’appeler en cas de problème. Elle a aussi demandé à un infirmier de venir m’en apporter 3 doses tout de suite. Et puis elle à mis les mains sur le front et a dit avec son accent cubain :
Je crois que… comment dire. Il y’a ….
Un problème ? Oui, j’ai répondu « un problème ? ». Alors elle m’a dit « oui, je crois que c’est plus profond que je ne le pensais au début. Ah… enfin quelqu’un qui comprend je crois. Nous avons parlé de la nuit, des « angoisses » et leurs naissances. Je crois qu’elle n’a jamais eu a écrire aussi vite sur une feuille blanche.
Et cela fait longtemps que vous avez l’impression de vivre à la 3 ème personne ?
Oh oui… longtemps, c’est peu dire. A vrais dire, il faudrait remonter le temps et … non, vous allez trouver cela ridicule …
Non, vous savez, rien n’est ridicule ici.
Hé bien oui, cela fait longtemps. Très longtemps. Trop longtemps. Environ 14 ans je dirais.
De qui ou quoi avez vous peur durant vos nuits.
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Je m’attarderais sur ce sujet plus tard ici. Pour l’instant, il faut que j’arrive a encaisser.
Le rendez-vous de 13h30
J’ai rendez vous à 13h30 avec ma psychiatre. Je vais devoir lui demander d’augmenter les antipsychotiques pour des raisons plus qu’évidentes. Je ne vais pas m’attarder sur les raisons. Nous en parlerons surement ce weekend ou avant si j’en ai la possibilité. Pour l’instant, j’en ai un peu… honte. Je n’ai pas encore eu l’occasion de parler des deux choses. J’aimerais mais… je dois attendre encore.
Enfin, ma psychiatre sera au courant cette après midi. Mais je ne sais pas comment lui annoncer exactement. Vous savez, même pour un fou qui pense être napoléon, ce n’est pas évident de l’annoncer à sa psychiatre. Pour moi… c’est encore différent. Je vais devoir lui annoncer une peur encré en moi depuis toujours. Une sorte de trouble obsessionnel qui m’empêche de vivre pleinement et surtout… de dormir.
J’aimerais vous expliquer cela ici. Mais dans un premier temps, il faut que j’en parle à ma psychiatre. Elle me regardera surement avec un air désœuvré et me dira “on monte à X grammes. Moi je serais content, mais elle n’aura pas saisie le problème. Alors je compte lui demander si parallèlement, il serait possible de voir un/e de ses confrères afin de faire un travail en profondeur.
Oui, je veux un travail en profondeur. Je pense même demander de voir un psychiatre avec une spécialité parallèle afin d’apprivoiser mes phases délirantes ou même mes paranoïas.
13h30, c’est dans 8h exactement. Il faudra ressortir de l’hôpital, regarder à gauche, puis à droite. Arrêter le temps afin de retrouver le chemin de vos réalités. Se cacher dans un coin de sa tête le temps d’arriver à la pharmacie qui feront un appel de contrôle à l’hôpital afin de savoir si “oui”, on peu me donner de quoi ne pas penser à mes autres et à mes peurs. La pharmacienne me dira “celui ci c’est pour l’anxiété et celui là… enfin vous savez” en regardant les clients à coté en coin pour me faire comprendre qu’il ne faut pas que je sois dérangé de recevoir ce qu’elle ne donne à personne d’autre au cours d’une même semaine.
Je repartirais en regardant le sole, en disant “bonjour” furtivement à la dame qui s’occupe de ranger les dentifrices. Sans même la regarder. Et je sortirais pour rentrer chez moi écouter le chant du silence. Je tenterais de le masquer avec de la musique sur le coup et je regarderais mes boites de médicament et la question se posera : “Est ce la psychose, ou est ce l’anxiété ?”
C’est à cette instant précis que je devrais me rappeler ce que disait la pharmacienne “ne prenez pas l’antipsychotique durant la journée. Il fait effet très longtemps, donc uniquement quand vous vous couchez, cela prend 24h et même un peu plus”. Je sentirais nul sur le coup. Car je dois vous l’avouer… j’en ai honte… le xanax 50mg ne me fait presque plus d’effet. Oui, en effet, il n’arrive plus vraiment a chasser mes angoisses.
Un traitement de xanax dur généralement peu de temps (1-2 semaines) et il faut un sevrage. Me voilà a 1 mois et une semaine de Xanax 50mg. Ou suis je… Mon corps est donc capable de supporter cela ? Oui, on dirait bien… Un de mes frères à eu un jour du Xanax à prendre. Il a tenu 3 jours et c’était 25mg de prise.
A vrais dire… non, mon corps subit les retombés. Ca aussi je vais devoir en parler. Cela m’a affecté psychiquement et physiquement. Ou peut être que les deux sont lié. Je ne sais pas. Mais du coup, il y’a un problème en plus. Une chose que je n’avais encore jamais eu à vivre avant. Une nouveauté en quelques sorte. Je crois que je le vie bien… Je ne sais pas. En fait non, c’est assez étrange. J’en perd la mémoire aussi. C’est vraiment bizarre de chercher une chose alors qu’elle est dans sa main. Et on réalise facilement que “oui, c’est à cause des médicaments”.
Alors c’est comme cela que les vieilles personnes commencent à perdre la mémoire ? Ce n’est pas si désagréable en réalité. Mais quelques part, si. Ca fait peur. Simplement parce qu’on se dit qu’on risque d’oublier tout les bons moments à venir (sous peine qu’ils existent). Alors on se dit qu’il n’y a pas d’avenir puisqu’on l’oublie un peu. Cela fout mal et du coup, on s’assoit et on attend avec ses peurs. On bascule, pour se donner l’impression de ne pas être déjà mort. A ce qu’il parait, le mouvement évite la décomposition des tissus. Je suppose que c’est pour cela qu’on fait cela.
Pour la plus part des “normaux”. Il est impossible d’être plusieurs en un. C’est simplement qu’ils ne peuvent pas imaginer. Un peu comme les premiers européens n’imaginait pas que des hommes rouges vivaient sur une terre lointaine. Ca surprend, on se dit que c’est impossible et on affirme que les choses ne peuvent pas être autrement que ce qu’on à l’habitude de vivre. C’est aussi cela, la différence entre nous, les “fous” et les “normaux”. Une différence dont je ne suis pas fière, que je n’ai pas envie de voir souvent. Ca doit être plaisant d’avoir qu’une seule vie. C’est surement pas facile à gérer. Mais je l’accepte. Je suis comme cela, je fais ce qu’il faut pour vous ressembler. Mais c’est pas facile, c’est long. Je prend mes traitements et je vais à mes rendez vous. Mon étape s’appel : 13h30
Je ferais un saut au parc si il n’y a personne. Peut être que si il fait beau, Félix viendra avec moi.
